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Psychothérapies

Les Constellations Systémiques et Familiales

Intégrer tout ce qui nous appartient, pour devenir entier

Ce qui m’a amené à ce travail

Ce qui m’intéresse depuis toujours, ce sont les hommes et leurs différentes stratégies pour réussir. Qu’est-ce qui nous habite au plus profond ? Comment nous débrouillons-nous face aux revers de fortune ? Comment se fait-il que certains trouvent une issue et d’autres non ? Et puis, la qualité d’être et de rencontre, quand l’autre est ouvert et présent face à nous et que quelque chose s’ouvre aussi en nous et commence à rayonner. Dans cette ouverture, l’essence de chacun semble trouver son chemin jusqu’à la surface, on a l’impression de recevoir un grand cadeau et d’avoir été touché. J’ai trouvé cette qualité d’être “proche de l’essentiel” dans le travail phénoménologique avec les constellations. Ce travail est proche de la vie réelle.

Est-ce qu’on se crée notre propre réalité dès la naissance ?

H. Beaumont, psychologue américain qui a transféré les notions de la psychologie du développement au travail des constellations, part du principe que l’être humain reçoit très tôt une imprégnation marquante du milieu relationnel dans lequel il va naître. Un fœtus, un nouveau-né, un très petit enfant, est évidemment incapable de gérer de façon rationnelle ces impressions qu’il vit par ses sens : elles appartiennent simplement à son univers, mais plus tard, il s’inventera et se racontera “des histoires”, pour mieux intégrer ces impressions pré et post-natales... et il va de soi que ces explications sont loin d’être toujours congruentes avec les vrais événements.

Les parents, les grands-parents, font peut-être aussi des expériences tellement douloureuses qu’ils se trouvent coupés. Un père ou un grand-père qui rentre après avoir vécu les atrocités de la guerre ne peut pas être compris par les siens, il doit refouler ces vécus, mais son cœur est chez ses camarades décédés ; il n’est pas à 100% dans sa vie, avec sa femme et avec ses enfants, parce qu’il reste lié aux victimes et aux autres soldats, et il lui faut de l’énergie pour refouler ces expériences terrifiantes. Cette énergie n’est pas disponible pour sa vie, et ces domaines exclus deviennent des secrets familiaux. Les autres membres de la famille ne savent pas de quoi il s’agit, mais quelque chose leur pèse, et leur “univers”, leur vision de la soi-disant réalité en subit l’influence. Les enfants de cet homme ressentent leur père comme celui qu’il est devenu à travers ce vécu. Ils identifient et confondent leur père avec son intrication, ne voient pas comment ce père aurait été s’il n’avait pas vécu ce qu’il a vécu, s’il n’avait pas été intriqué...
Les constellations ne servent pas à guérir les maladies ou traumatismes, ni à améliorer les compétences ou à résoudre les conflits ; elles n’annihilent pas non plus les revers de fortune... mais la vision phénoménologique aide à regarder la vie en face, sans évaluation ni interprétation, et à assumer. C’est la condition sine qua non pour pouvoir se libérer d’intrications pesantes, pour obtenir plus de force et de disponibilité pour trouver la solution à ses difficultés. Les représentations ne fournissent pas de solution aux problèmes individuels, mais peuvent aider à créer les conditions pour gérer plus facilement ces problèmes.

Comment se passe une Constellation Familiale ?

Les constellations se font selon un principe simple. Avec l’aide du médiateur et du groupe, nous regardons les personnes exclues d’une famille et nous nous lions à nouveau avec elles, d’une manière plus saine. Nous les replaçons dans un contexte plus large. Ce processus permet de se libérer du lien symbiotique difficile, de se libérer de la personne et de la peur ou de la culpabilité en lien avec elle et son histoire. Le lien véritable est reconstitué, avec l’essence de l’autre et non avec son intrication.

Lors d’une séance individuelle, une femme raconte avoir perdu son petit frère lorsque celui-ci avait trois ans : elle était à côté de lui quand il est tombé en jouant et s’est blessé si gravement qu’il est décédé devant ses yeux en perdant beaucoup de sang. Elle raconte que toute la famille se sent coupable, une stratégie bien connue pour assumer un traumatisme.
Pendant la séance de travail, on demande à cette femme de s’imaginer face à son petit frère. Au début, cela lui semble impossible (le frère a été exclu parce que le souvenir est trop douloureux ; en même temps, justement à cause de cette exclusion, elle est fortement liée à lui, elle n’est pas libre). Au fur et à mesure de la représentation, il lui devient possible de se mettre en face. Elle est tout d’abord incapable de lui dire : “Tu es mort.” Comme si cette affirmation augmentait la sensation subjective de la culpabilité au point de ne plus pouvoir la supporter. Avec le temps, elle arrive à voir que c’était le destin de ce frère de mourir de cette façon, que personne n’aurait pu l’empêcher, et que c’est son destin à elle d’avoir perdu ce frère. A la fin, elle parvient même à lui dire : “Toi, tu es mort et je suis encore vivante. Sois bienveillant, afin que mes enfants et moi se portent bien. Tu restera toujours mon frère et je te garderai toujours une place dans mon cœur.” Dans son image intérieure, le frère qui reçoit ces paroles réagit avec soulagement, il est aimable et se réjouit quand elle va bien. La femme arrive plus facilement à le laisser partir, à se libérer de lui et en même temps, à le considérer vraiment comme son frère.

Un profond désir de réconciliation entre soi et les autres existe réellement.

A un certain niveau, chaque être humain a la nostalgie de devenir entier, de réaliser son potentiel complet, de remplir entièrement sa place dans la vie. De ce mouvement surgit la question “Qui suis-je ?”, puis : “Pourquoi suis-je devenu comme je suis ?” et “Qui sont mes parents ?”. On voit et on rejette leurs limites, leurs erreurs, leurs intrications, on confond ce qu’ils sont et ce qu’ils pourraient être, on les réduit à ce avec quoi ils sont intriqués. Une fois adultes, nous arrivons à trouver le chemin à travers tout cela, quelque chose en nous s’apaise et se détend. Les exigences, les attentes, les douleurs s’arrêtent. Une réconciliation s’installe, nous devenons un peu plus nous-même et ce processus n’a rien d’un pardon superficiel ou contraint. Nous ne jugeons plus les actions des parents, ces actions restent chez eux, qui restent même impardonnables, car elles étaient trop graves, mais elles font partie d’eux même si l’enfant qu’on était en a beaucoup souffert. A travers ces débris, il s’agit de trouver un chemin vers l’essence de celui et de celle qui ont rendu possible notre existence : d’eux, nous avons reçu la vie, quoi qu’ils aient été et si nous n’acceptons pas cette réalité, nous nous limitons et nous perdons de la force. A mon avis, si on parle de réconciliation dans ce travail, ce serait dans le sens d’intégrer tout ce qui nous appartient, pour devenir entier.

Les différentes façons de se former

J’ai monté une formation didactique en 2001. Avant, il n’y avait pas de formation, on se rendait aux séminaires de Hellinger, dans des congrès ou chez de bons facilitateurs... dans les pays germanophones où cette méthode a initialement vu le jour, et on observait le travail qui se faisait. Ceci reste indispensable. Pour devenir compétent, il faut vivre le plus de constellations possibles, voir les différents chemins vers les solutions, parce qu’il n’y a pas de modèle standard : toute constellation, toute solution est toujours unique. Certains disent qu’on ne peut ni apprendre, ni enseigner les constellations, et il y a là une part de vérité. Mais la méthode a fait ses preuves depuis les années 80 et il semble que les intrications, malgré la diversité individuelle, suivent certains schémas et mécanismes. Dans une certaine mesure, je peux donc proposer des raccourcis en proposant également un enseignement didactique. Les participants apprennent d’abord l’application de la méthode dans le travail individuel, puis le travail systémique avec des figurines et ensuite le travail de groupe. A mon avis, des connaissances en thérapie familiale systémique et en psychopathologie, ainsi que l’apprentissage complet de la technique sont également nécessaires et on peut les enseigner. Il me tient aussi beaucoup à cœur que les stagiaires apprennent à percevoir clairement leurs limites personnelles, ainsi que les limites de ce travail. Ce n’est qu’ainsi qu’ils sauront véritablement utiliser leurs capacités et leur instrument de travail. C’est à cela qu’on reconnaît un bon thérapeute et médiateur.

© Constanze Potscka-Lang
www.arte-systemica.com



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